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DICTIONNAIRE

Damas (forge)


Photo lame damassee indienne ICU11
1. Photo lame damassee indienne ICU11
Les épées en acier damassé étaient réputées pour leur acuité et leur résistance. Cependant, les légendes attachées à leur traitement thermique ainsi que les motifs inhabituels sur leurs surfaces, appelés damas, ont largement contribué à la célébrité de ces lames.

Les premières épées damassées furent réalisées en Inde. L'acier utilisé provenait des mines de Hyderabad et se caractérisait, sur la surface du métal poli, par une sorte de moirage ou de veinage composé de fibres serpentantes.

Voulant imiter l'aspect de ces lames, des forgerons arabes créèrent un damas et ce sont ces peuples qui ont apporté cette connaissance en occident où elle a connu un grand essor durant le moyen âge. Le principe de fabrication consistait à forger les lames à partir d'une pièce unique, composée d'un acier naturel provenant des mines de Damas.

Cependant, cet acier contenait environ 2 % de carbone, niveau trop élevé pour obtenir les caractéristiques mécaniques optimales. Il fallait donc le marteler à une température proche de 1000 degrés (correspondant à un métal orange vif) tout en réalisant des pliages multiples. En effet, ces opérations permettaient de faire baisser la teneur en carbone de la surface fraîchement exposée à l'air, le carbone de l'acier se combinant avec l'oxygène pour former du monoxyde de carbone. L'interdiffusion du carbone passant des surfaces à haut carbone vers les surfaces à bas carbone permettait d'avoir une homogénéisation du carbone dans l'acier.

Le produit final est un acier damassé ayant d'excellentes caractéristiques mécaniques parce que sa teneur en carbone est à la fois relativement basse (environ 1,3 %) et uniformément répartie dans une matrice à grain fin. On n'obtient pas de structure soudée donnant des motifs visibles, non seulement parce que les couches individuelles de 2 mm d'épaisseur ne sont pas résolubles à l'oeil nu, mais aussi parce que toutes les couches ont la même teneur en carbone (les atomes de carbone traversent une distance de 1,4 mm en 30s à 1000°C).

Contrairement à ce que beaucoup pensent, cette procédure de pliages multiples n'était donc pas effectuée dans le but de produire des milliers de couches distinctes et alternées à bas et haut carbone afin d'augmenter les caractéristiques mécaniques de l'acier.

La fabrication d'une lame en acier de Damas ne s'arrête pas là et il reste encore à réaliser les motifs en surface qui faisaient sa particularité. Cette opération, appelée damasquinage, était en fait assez simple. Les forgerons attaquaient le métal poli avec de l'acide et des dessins similaires à ceux du "damas naturel" apparaissaient sur la lame.

Comme exemple de lames damassées, nous pouvons citer Durandal, l'épée de Roland qu'il aurait conquise sur un roi Arabe d'Espagne alors qu'il était encore adolescent. De nombreuses fois, cette épée est citée au cours du poème épique retraçant le combat du preux à Ronceveaux, lequel finit le combat en voulant casser son épée, pour ne pas la perdre, sur un rocher et y aurait pratiqué la célèbre brèche de Roland.
[1] Lame damassée indienne (dague référence ICU11) avec motifs dorés à la main.
[2] Lame damassée du tanto "Larme du Diable" (référence T71)
[3] Détail d'un katana historique (vers 1850) présentant une lame feuilletée dans un acier traditionnel (Tamahagane), collection privée Histophile

Photos : Philippe Contal, Histophile
Photo lame damassee indienne ICU11
1. Photo lame damassee indienne ICU11
Photo lame damassee tanto Larme du Diable T71
2. Photo lame damassee tanto Larme du Diable T71
Photo detail katana historique lame feuilletee damas Tamahagane
3. Photo detail katana historique lame feuilletee damas Tamahagane
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